On prête aux différents noirs des caractéristiques farfelues.
Le peintre Anders Zorn utilisait principalement une palette faite de quatre pigments : le noir d’ivoire, le vermillon, l’ocre jaune et le blanc de titane. Zorn se passait donc de bleu. Il obtenait un ersatz de bleu en diluant son noir d’ivoire dans le blanc de titane. Ainsi, ce même noir mélangé à l’ocre jaune lui donnait un semblant de vert.
À mon avis, les teintes obtenues de cette manière ne sont pas réellement bleues, ni réellement vertes. Ce sont des gris, à peine chromatiques, qui lorsqu’on leur juxtapose telle ou telle couleur, ou lorsqu’on les place dans tel ou tel contexte, évoquent à l’esprit du spectateur le bleu, ou le vert.
Si la palette Zorn semble redoutablement efficace pour peindre le portrait ou la figure humaine en se gardant de couleurs trop vives, les principes que je viens d’exposer ont fait dire à certains auteurs que le Noir d’Ivoire tirait vers le bleu. Ils l’opposent en ceci au Noir de Mars, qui tirerait vers le rouge. L’un de ces pigments serait froid, l’autre serait chaud.
(suite…)